Je suis Charlie

Voilà.
Je pense avoir enfin pris un peu de distance.
Si peu.

Cabu a bercé mon enfance. J’ai réalisé quelques dessins en suivant son trait dans le Club Dorothée.
Wolinski, un peu plus de mal, je ne suis pas fan de son trait.
Mais du respect.
Charb, un mec avec des idéaux et avec qui j’aurais facilement partagé quelques bières. Quelques vannes aussi. On aurait pu être potes.
Tignous, un rôliste qui a œuvré dans Casus Belli.
Un trait pas facile au premier abord. Mais rond et généreux.
Ce qui me rend dingue, c’est cette impression de les avoir toujours connus et côtoyés au gré de mes lectures de Charlie.
Et ce qui me touche vraiment, c’est que l’on puisse mourir pour des gribouillis, des dessins pas si anodins que ça. La preuve.
Alors je suis plus que triste.
Moi qui dessine.
À mes heures perdues…
Je suis triste car je dessine et que cette vie peut dépendre d’un dessin.
Quelque part — au-delà du tragique de l’acte — quelque part, donc, il y a quelque chose de poétique.
De plus large, de plus grand.
Quelque chose qui fait que nous nous sentons tous touchés.
Nous avons tous dessiné un jour.
Qui a cru que l’on pouvait trouvé la mort à cause d’un dessin ?
Qui ?
Fallait-il ce sacrifice pour nous ouvrir les yeux ?
Alors, comme beaucoup, je suis Charlie.
Merci Cabu, Wolinski, Charb, Tignous, Honoré, Oncle Bernard et les 6 autres innocents fauchés par des plus lâches.
Voilà.
Je suis Charlie.

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